
Philippe Schnobb, journaliste web de la SRC, signe un billet intitulé
Sommes-nous tous des journalistes en puissance?. Il nous fait part des réflexions du congrès de la fédération des journalistes tenue en fin de semaine sur cette question et les utilise pour amener:
Le contenu généré par des citoyens doit-il être filtré par des journalistes pour que le consommateur d'information ait la garantie que ce contenu est traité convenablement?
Les citoyens bien intentionnés peuvent présenter des faits correctement. Comme il existe des gens qui peuvent couper les cheveux avec un certain talent sans être coiffeur, mais il faut encadrer tout cela.
Cette habile "mise-en-contexte" précède la promotion d'un site de journalistes professionnels sur lequel "Les docu
ments générés par les citoyens sont [...] offerts aux enchères pendant une période de temps. Ils sont donc filtrés par des journalistes avant d'être publiés." Schnobb termine son billet avec
"Continuez néanmoins à garder l'oeil ouvert et envoyez-nous vos images..."
Hmm. Le Canard croit que l'arroseur de la blogosphère du journaliste-citoyen qui souffrirait apparemment de problèmes de "mise en contexte" se serait bien arrosé dans ce billet. Le journaliste du web n'aurait pas dû sans une divulgation de conflit d'intérêt mener ainsi la promotion de la réponse à la question par le groupe d'intérêt de la "fédération des journalistes" et continuer avec la démotion de la blogosphère de "journaliste-citoyens" pour qu'elle se soumette. Semer la peur dans la population est après tout une technique commune utilisée par les groupes d'intérêt (e.g. ingénieurs, comptables, psychologues, médecins) pour protéger leurs membres de nouvelles formes de compétition dans le marché. Le diffuseur public ne devrait pas servir de simple courroie de transmission pour le groupe d'intérêt sans offrir de meilleurs contre-parties afin que le public puisse décider par lui-même en bout de ligne.
L'invitation à même cette chronique de soumettre des images semble particulièrement déplacée si le journaliste du web prétend opérer plus professionnellement que les journalistes-citoyens, invoquant dans son billet:
Il n'y a que les journalistes qui peuvent garantir que la mise en contexte n'est pas biaisée parce que les journalistes obéissent à un code d'éthique, à des normes. Si nous ne le faisons pas, nous sommes sujets à recevoir un blâme. De l'ombudsman de Radio-Canada, du Conseil de presse ou pire, d'un tribunal!
Qui a vraiment le temps de déposer des plaintes à travers ces mécanismes??? Le billet du journaliste web constitue t'il un cqfd - ou un appui inattendu à la blogosphère du journaliste-citoyen? Cette blogosphère préfère laisser la réponse au citoyen, i.e. celui qui importe en bout de ligne...
Le Canard Ombudsman du milieu minoritaire
Mise-à-jour:
L'arroseur possiblement arrosé se serait mis au sec en prenant un tournant inattendu dans une mise-à-jour du billet: i.e. une saine promotion de la blogosphère du journaliste-citoyen, incluant celle issue de milieu minoritaire. Bel encadrement en effet!
MDCV
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Soumise par gaulois]